Carrière militaire d’Alexandre Louis Honoré Lebreton Deschapelles

Né le 7 mars 1780, il était élève à l’École de Brienne jusqu’à sa dissolution (Le Palamède, 1847, pp. 500-515).

Ses parents ayant émigré, il s’engage à l’armée avec les enfants perdus de Paris : " … ne trouvant plus personne des siens à Paris, ce jeune homme qui était là sans ressources s’engagea dans les enfants perdus de Paris… " (Souvenirs de Mme de Varine signalés par Mme Thiébaut en 1977).

  Vers l’an II, il est soldat à la 35e brigade, à la 106e en l’an IV. Quand la source n’est pas indiquée, c’est le dossier de l’adjoint aux commissaires des guerres au Service Historique de la Défense, à ne pas confondre avec le dossier de son père, maréchal de camp de Louis XVI.

  J’ai consulté : Vallet (Lt Joseph-Cyprien).- Histoire du 106e régiment d’infanterie de ligne.- Paris, C. Tanera, 1874.- 8°, 115 p.

Deschapelles raconte qu'il perdit une main au combat, pendant la Campagne d'Allemagne (durant les guerres de la Révolution française). Sur cette peinture : la bataille de Valmy (1792) peinte par Jean-Baptiste Mauzaisse

  On lit à la page 8 qu’en 1796 la 106e fut formée des anciennes 35e et 201e auxquelles on ajouta le 12ème bataillon de la Gironde. A la page 12, on lit que la 35e demi-brigade fut formée le 18 fructidor an II de 1° le 1er bataillon du 18e rgt (Royal-Auvergne) 2° le 3e bataillon des volontaires de la Meurthe formé en août 1791 4° une partie des bataillons de volontaires de Maine-et-Loire formés le 1er août 1793 et incorporés comme complément dans la 35e demi-brigade le 2 fructidor an III.

  Le 4 messidor an IV (22. 6. 1796), D. est à l’affaire de la Montagne Noire (bataille d’Ettlingen).

  Le 21 messidor an IV, D. est blessé (9 juillet 1796). Dans une lettre du 14 octobre 1809 figurant dans son dossier, il écrit : " Envoyé pour enlever deux pièces de canon avec un grenadier du second bataillon le 21 messidor an 4, se trouva au milieu d’un Régiment de dragons de la tour et fut haché en pièces avec quelques braves ; reçut quinze coups de sabre et perdit la main droite au moment qu’il venait de tuer un dragon ennemi et que la bayonnette restait engagée dans son corps, presqu’à la tête du Régiment qui quelques minutes après vint le venger et le retirer d’entre les morts. "

  En juin 1797, sa demi-brigade est à Nancy (lettre de son père : A. N. F7  7329.d. D4  6929)

  Le 16 prairial an VII (4 juin 1799), il est garde du génie de 1ère classe. Le 11 messidor an VII (19 juin 1799), il a le grade de sergent-major à l’emploi de garde des forteresses résidence Orléans.

  Le 1er nivôse an 10 (22 décembre 1801), il est garde de 2e classe.

  Le 7 vendémiaire an 11 (29 septembre 1802), il demande le grade de sous-lieutenant. Le 8 vendémiaire, Berthier propose qu’il soit nommé sous-lieutenant dans un corps partant pour la Louisiane dont sa famille est originaire.

  Il est nommé sous-lieutenant par décret du 9 nivôse an 11 (30 décembre 1802). C’est à la 37e demi-brigade à la suite de la promotion de Mongel à une lieutenance. Son dossier donne la date du 19 ventôse an XI (20 mars 1803).

  Le 12 prairial an XII (1er juin 1804), il obtient la légion d’honneur en échange de son sabre d’honneur.

  En 1806, il est à Hambourg. Inspecteur des vivres le 1er octobre 1806 aux armées de Prusse et de Pologne. En 1806 est à Berlin après Iéna et y est de retour après Eylau (Le Palamède, 1836).

  Au cours du premier semestre 1807, il fait un match d’échecs contre l’équipe de Carlier à l’hôtel de Richelieu de Francis Henry Egerton (L’Ambigu de Peltier du 10 juillet 1807 et le Gentleman’s Magazine du même mois).

  Dans une lettre du 3 juin 1807 dont Mme Holland me cite des extraits, Pierre Provenchère écrit de Wilmington à son fils Provenchère junior, qui est à Saint-Louis depuis 1799 : " Nous avons eu des nouvelles d’un autre Alexandre de ta connaissance, le 2nd fils de Deschapelles de Ville d’Avray. La carrière de celui-ci n’a pas été aussi heureuse que celle de 1st.

En 1809, Deschapelle est prisonnier, et enfermé, comme courament à cette époque, dans des navires prisons appelés pontons. Ici : un ponton anglais.
Couvert de blessures, avec une main de moins et la croix d’honneur, il a été réformé sans pension, heureusement pour lui, le Mal de Ney l’a pris pour aide de camp. Il a sa table, cinq chevaux et 5 à 6 mille livres de traitement… ".

  Le 13 janvier 1809, D. est adjoint provisoire aux commissaires des guerres. Le 18 mars, il est fait prisonnier à Villafranca del Bierzo avec un bataillon du 6e Régiment d’infanterie légère. Il s’échappe du ponton de Cadix El Vincedor le 1er mars 1810. Par décret du 6 avril 1811, D. est nommé entreposeur général des tabacs à Strasbourg sur recommandation de la duchesse d’Elchingen (A. N. : AF IV 540, p. 4224, d. 1 bis) mais on ne trouve pas trace d’une prise de fonctions. La réputation de général des Cent Jours, qu’on lui a faite, paraît infondée.

Pierre Baudrier



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